Peinture
Pierre Gaillardot
Tout le contraire de l'artiste mondain, Pierre GAILLARDOT ! Et si certains de ses amis l'appellaient le "Bourguignon", c'est bien parce qu'il restait profondément attaché au «pays» de sa jeunesse, qu'il affectionnait. Le naturel et les joies simples.
L'âme paysanne et le corps robuste, sa peinture est, à son image, puissante, vraie, empreinte de fraîcheur et de spontanéité ! Par elle, il nous transmet son goût du mouvement, son dynamisme, sa sincérité.
Peintre de plein air, il travaillait sur le sujet avec un sens aigu de l'observation, excellait dans l'art de dégager l'essentiel, de rendre l'insaisissable.


Son écriture elliptique repose sur une composition très rigoureuse faite de plans bien définis, soulignés de couleurs très franches utilisées telles que, sans mélanges de laboratoire. Tout au long de sa vie, ce véritable autodidacte a suivi un parcours personnel, soutenu un effort de recherche ininterrompu et s'en est tenu, sans faiblir, à la réalité. Celle-ci, bien que très fortement transposée, assure à l'ensemble de l'oeuvre une permanence de style malgré les thèmes très différents.


Parmi ses sujets de prédilection, on ne s'étonnera point de découvrir la Bourgogne, dans sa beauté automnale à travers une somptueuse palette de rouges, d'ors et de fauves ; les vendanges ; les vallons feuillus de l'Yonne, les petits villages ocrés du Midi ou la côte normande si lumineuse après l'averse.


Mais, si Pierre GAILLARDOT aimait la nature, il aimait aussi les gens et les "croquait" avec justesse, reproduisant avec un minimum de moyens, le geste, l'attitude, le costume qui les font criant de vérité. Ainsi, la faune pittoresque des "Halles de Paris" peinte dans les années 50, le vendangeur courbé entre les rangs de vignes et ce, sans jamais tomber dans l'anecdote. Remarque parfaitement illustrée aussi par les nombreux tableaux consacrés au sport : football, aviron, cyclisme, ski, tennis, hockey, polo et bien sûr - et surtout - courses de
chevaux. Passionné par les courses, Pierre GAILLARDOT savait nous rendre la beauté et la fierté des pur-sang sur le «Rond», les efforts de l'entraînement, la frénésie de l'arrivée ; fasciné par les bateaux, il peignait dans un graphisme percutant l'enchevêtrement des mâtures, les drapeaux qui claquent au vent dans les ports de pêche ou de plaisance. Voici donc une oeuvre qui livre un message de bonheur car Pierre GAILLARDOT a, gardé intact le pouvoir de s'émerveiller, secret de l'éternelle jeunesse.
Une vie consacrée à la peinture, une peinture consacrée à célébrer la vie !
Jacqueline de RIGHETTI
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